C’est ores, mon Vineus, mon cher Vineus, c’est ore

Sonnet XLII.

C’est ores, mon Vineus, mon cher Vineus, c’est ore,
Que de tous les chétifs le plus chétif je suis,
Et que ce que j’étais, plus être je ne puis,
Ayant perdu mon temps, et ma jeunesse encore.

La pauvreté me suit, le souci me dévore,
Tristes me sont les jours, et plus tristes les nuits.
O que je suis comblé de regrets et d’ennuis !
Plût à Dieu que je fusse un Pasquin ou Marphore,

Je n’aurais sentiment du malheur qui me point :
Ma plume serait libre et si ne craindrais point
Qu’un plus grand contre moi pût exercer son ire.

Assure-toi, Vineus, que celui seul est roi
A qui même les rois ne peuvent donner loi,
Et qui peut d’un chacun à son plaisir écrire.

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Joachim du Bellay Apprenti Poète

Par Joachim du Bellay

Joachim du Bellay ou Joachim Du Bellay est un poète français né vers 1522 à Liré en Anjou et mort le 1ᵉʳ janvier 1560 à Paris.

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Ce rusé Calabrais tout vice, quel qu’il soit

C’était ores, c’était qu’à moi je devais vivre