Récitation

La vertu ce cornet des fortunes
Auditivement les vocations l’estime l’ambition
Rase les têtes confrontées
Plutôt s’armer
Contre le sycomore feuilleté et le couteau.
Dans son armure insensibilisée
Dans son armure qui ne résonne sans fausse honte
Qu’à partir du dernier baiser
Le pirate celui qui n’a pas de plume au bonnet
Celui qui provoque l’aboiement des corbeaux
Le pirate l’ennui l’ennemi des attentes sous la pluie
Le réveille-matin à maintien de religieuse
A contenance d’huile
Le réveille-matin qui fait des copeaux du dormeur
Et ne lui laisse que le temps de ne pas s’habiller.
Des semaines et des mois et des années de semailles

Par des chemins qu’on ne touche même pas de la
canne

Une cervelle sabotée par les germes de mauvaise
volonté
On ne pleure pas et si l’on ne pleure pas c’est que le feu
Gâche le plâtre qui maintient

Je regard dans ses rives

Dessèche tout passe par la porte animale s’affole.
Au delà du feu il n’y a pas la cendre

Au delà de la cendre il y a

Je feu.
Des éventaires écornés d’athlète mugissent sous la pluie
Ils réclament aux coquettes des rires tous les pavés du rire
Et des gourmettes de courtoisie pour enchaîner le poncif
La poussière fouille plus avant dans les poches
Mais elle n’arrivera qu’après la troue
Pour célébrer cette vertu qui n’est pas de moi.
Au deJà du feu il n’y a pas la cendre

Au deJà de la cendre il y a le feu.

Paul Eluard

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