La tendresse

Miraculeux printemps dont l’automne est si triste,

Le plus beau sentiment, non, ce n’est pas l’amour ;

Pas l’amour faible et fou, l’amour aveugle et sourd,

Fermant autour de lui sa guirlande égoïste.
Ce n’est pas le respect aux bagues d’améthyste ;

Ni le rêve, laissant ses longs cheveux flotter ;

Ni l’amitié, qui veut la réciprocité,

Ni l’estime, tenant son implacable liste.
Mais Tendresse, c’est toi ! toi, que rien ne ternit.

C’est toi. Tu prends à tous le bouquet de tes charmes ;

L’amour te donne une âme et l’amitié des larmes ;
Tu rajeunis l’instant pour qu’il soit infini…

Et, dans cet instant-là, le cœur, à ce point tremble,

Qu’il sait rire et pleurer et mourir tout ensemble !

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