Hardy j’entreprendray de te rendre éternelle

Sonnet VI.

Hardy j’entreprendray de te rendre éternelle,
Targuant de mes escrips ton nom contre la mort,
Mais en t’éternisant, je ne travaille fort :
Ta perfection n’est en aucun poinct mortelle.

Rien n’est mortel en toy, ta chasteté est telle,
Que le temps envieux ne luy peut faire tort.
Tes dons, thresors du Ciel, ton nom, exemptz du port
Et du fleuve d’oubly, ont la vie immortelle.

Mesme ce livre heureux vivra infiniment,
Pource que l’infiny sera son argument.
Or je ren grace aux Dieux de ce que j’ay servie

Toute perfection de grace et de beautez :
Mais je me plein à eux que te sévérité
Comme sont les vertus, aussi est infinie.

Voter pour ce poème!

Théodore Agrippa d'Aubigné Apprenti Poète

Par Théodore Agrippa d'Aubigné

Théodore Agrippa d’Aubigné, né le 8 février 1552 au château de Saint-Maury près de Pons, en Saintonge, et mort le 9 mai 1630 à Genève, est un homme de guerre, un écrivain controversiste et poète baroque français.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Chaque commentaire est une étincelle dans notre feu sacré. Enflammez-nous.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Extase

Je brûle avec mon âme