Sonnet impressionniste (3)

La nuit avec ses mains d’insidieux génie,
Jumelle du néant sardonique et blasé,
Hier, la nuit, qui tient le sarcasme aiguisé,
Délaya dans mon cœur la morgue et l’ironie.

Alphabet primitif, simple mnémotechnie.
Au clair soleil, je vois dans ce mont hérissé
La houle que figea le globe un peu lassé,
En mémoire de son effroyable insomnie.

Confusion des verts, des rouges et des ors,
Fol enchevêtrement de plantes, d’arbres morts,
Pas un seul tronc qui n’ait sa cour : Exubérance.

Richesse du présent, gloire de l’avenir,
Dans la terre, bientôt, ces couleurs vont s’unir
Et tisseront l’or pur des moissons : Espérance.

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Alphonse Beauregard Apprenti Poète

Par Alphonse Beauregard

Né à La Patrie (Compton en Québec) le 5 janvier 1881, Alphonse Beauregard doit abandonner ses études à la mort de son père. Il pratique alors divers métiers, tout en publiant des poèmes dès 1906 dans quelques journaux et revues (parfois sous pseudonyme de A. Chasseur). Il prend une part active à la rédaction du Terroir et devient secrétaire de l'école littéraire de Montréal, tout en travaillant comme commis au port de Montréal. À peine élu président de l'école, il meurt asphyxié au gaz le 15 janvier 1924. Son poème « Impuissance » est paradoxalement un des plus puissants de cette époque.

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