La voix de la muse

A ma mère

Lorsque j’ai mis le pied dans le sombre chemin,
Une voix du passé me suit et me rappelle,
Voix faible en commençant, mais qui porte avec elle
L’ineffable regret du rivage lointain.

C’est la muse, et sa voix, comme une mer sans frein
Qui s’enfle et qui menace autour d’une nacelle,
Grossit, et fait vibrer dans mon âme rebelle
La lyre du remords et ses cordes d’airain.

Et vaincu tout-à-coup par cette voix divine,
Je vais reprendre, au bas de la sainte colline,
Le sentier de ma mère où l’ivraie a poussé,

Et la voix tout-à-coup redevient faible et douce,
Et quand j’arrive au bord du sentier délaissé,
Ce n’est plus qu’un soupir qui s’endort dans la mousse.

Voter pour ce poème!

Antoine de Latour Apprenti Poète

Par Antoine de Latour

Antoine Tenant de Latour, né à Saint-Yrieix le 30 août 1808, mort à Sceaux le 27 avril 1881, est un écrivain français.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Les poètes tissent leur toile de mots. Ajoutez un fil précieux avec votre commentaire.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Jocelyn, le 16 décembre 1793

L’écran