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Mœurs du siècle

Dans un temps pluvieux, quand je suis dans la rue,

Forcé de me traîner à pié.

Triste, confus, humilié,

Je m’abaisse et me diminue,

De peur d’être vu de quelqu’un :

De salut, je n’en fais aucun,

Et quiconque m’en fait, me tue.
Suis-je auprès d’un seigneur, dans son carrosse assis :
Ma personne fait voir toute son étendue;
Deux fois, comme un ballon, je m’enfle et me grossis.

À droite, à gauche je salue ;

De tous côtés portant la vue.

Du plus loin que je vois passer

La moindre de mes connaissances,
Par la portière on voit ma tête s’élancer.

Je lui fais mille révérences.
Savourant à l’excès cette ombre de splendeur, À tout ce que je vois j’annonce ma grandeur.

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