À un aimable goutteux

Cher d’Aigremont, d’où te vient, à ton âge,
Ce mal effréné, dont la rage
Au grand galop suit ton rapide essieu,
Et pour qui, t’éloignant de ton doux parentage,
Tu te mets en pèlerinage
Pour je ne sais quel triste lieu,
Où l’eau du crû sera ton seul breuvage ?
Est-ce le dieu du vin, est-ce l’aveugle dieu ?
Le buvais-tu mousseux ? la trouvais-tu jolie ?
Ou bien est-ce à la fois l’une et l’autre folie ?
(Car de l’une et de l’autre on te soupçonne un peu;)
À ton retour tu nous en dois l’aveu.
En attendant, hélas ! la goutte est du voyage ;
Mais tu la souffres comme un sage,
Et la chantes comme Chaulieu.

Voter pour ce poème!

André Velter Apprenti Poète

Par Jacques Delille

Jacques Delille, souvent appelé l’abbé Delille, né à Clermont-Ferrand le 22 juin 1738 et mort à Paris dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 mai 1813, est un poète et traducteur français.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Les poèmes sont des voyages. Embarquez avec nous, comme Jules Verne, et écrivez votre aventure.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

À Mme Lebrun

Couplets sur la jeunesse