Ces beaux cheveux crêpés

Ces beaux cheveux crêpés, qu’en mille et mille sortes
Tu trousses bravement sur le haut de ton front,
Dedans vingt ou trente ans au monde ne seront
Mais avec le corail de tes deux lèvres mortes :

Ces deux monts cailletés, des deux fraises retordes,
Ces deux bras potelés, et ces beaux doigts mourront,
Seulement au cercueil les cendres demeur’ront
Encloses pesamment dessous les pierres fortes,

Et puis pour tout cela tu te fais adorer,
Tu fais plaindre, gémir, pleurer, désespérer,
Puis mourir, puis revivre un amant en martyre.

Usesen cependant, Françoise, que le temps
T’en donne le loisir : car tous ces poursuivants
En la fin comme moi ne s’en feront qu’en rire.

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