BofBof

Embrasse-moi

C’était dans un quartier de la ville
Lumière

Où il fait toujours noir où il n’y a jamais d’air

Et l’hiver comme l’été là c’est toujours l’hiver

Elle était dans l’escalier

Lui à côté d’elle elle à côté de lui

C’était la nuit

Ça sentait le soufre

Car on avait tué des punaises dans l’après-midi

Et elle lui disait

Ici il fait noir

n n’y a pas d’air

L’hiver comme l’été c’est toujours l’hiver

Le soleil du bon
Dieu ne brilT pas de notr’ côté

Il a bien trop à faire dans les riches quartiers

Serre-moi dans tes bras

Embrasse-moi

Embrasse-moi longtemps

Embrasse-moi

Plus tard il sera trop tard

Notre vie c’est maintenant

Ici on crèv de tout

De chaud de froid

On gèle on étouffe

On n’a pas d’air

Si tu cessais de m’embrasser

Il me semble que j’ mourrais étouffée

T’as quinze ans j’ai quinze ans

A nous deux on a trente

A trente ans on n’est plus des enfants

On a bien l’âge de travailler

On a bien celui de s’embrasser

Plus tard il sera trop tard

Notre vie c’est maintenant

Embrasse-moi !

Voter pour ce poème!

Jacques Prévert Apprenti Poète

Par Jacques Prévert

Jacques Prévert, né le 4 février 1900 à Neuilly-sur-Seine et mort le 11 avril 1977 à Omonville-la-Petite, est un poète français. Auteur de recueils de poèmes, parmi lesquels Paroles, il devint un poète populaire grâce à son langage familier et à ses jeux sur les mots.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Vos mots ont le pouvoir de réveiller l'esprit, tel un élixir de Voltaire. Osez commenter.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
1 Avis
Inline Feedbacks
View all comments
mila Jad
mila Jad
Invité

trop beau.
Le travail des enfants , le temps qui passe, l exclusion due aux inegalités plusieurs themes ici sont abordés par ce geni,qu est J.Prevert .

Les Maris

Air