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Je meurs, et les soucis qui sortent du martyre

Je meurs, et les soucis qui sortent du martyre
Que me donne l’absence, et les jours, et les nuits
Font tant qu’à tous moments je ne sais que je suis,
Si j’empire du tout ou bien si je respire ;

Un chagrin survenant mille chagrins m’attire
Et me croyant aider moimême je me nuis,
L’infini mouvement de mes roulants ennuis
M’emporte, et je le sens, mais je ne le puis dire.

Je suis cet Actéon de ces chiens déchiré !
Et l’éclat de mon âme est si bien altéré
Qu’elle qui me devrait faire vivre me tue :

Deux Déesses nous ont tramé tout notre sort,
Mais pour divers sujets nous trouvons même mort,
Moi de ne la voir point, et lui de l’avoir vue.

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