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Ô j’ai froid d’un froid de glace

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Ô ! j’ai froid d’un froid de glace
Ô ! je brûle à toute place !

Mes os vont se cariant,
Des blessures vont criant ;

Mes ennemis pleins de joie
Ont fait de moi quelle proie !

Mon cœur, ma tête et mes reins
Souffrent de maux souverains.

Tout me fuit, adieu ma gloire !
Est-ce donc le Purgatoire ?

Ou si c’est l’enfer ce lieu
Ne me parlant plus de Dieu ?

— L’indignité de ton sort
Est le plaisir d’un plus Fort,

Dieu plus juste, et plus Habile
Que ce toi-même débile.

Tu souffres de tel mal profond
Que des volontés te font,

Plus bénignes que la tienne
Si mal et si peu chrétienne,

Tes humiliations
Sont des bénédictions

Et ces mornes sécheresses
Où tu te désintéresses

De purs avertissements
Descendus de cieux aimants.

Tes ennemis sont les anges,
Moins cruels et moins étranges

Que bons inconsciemment,
D’un Seigneur rude et clément

Aime tes croix et tes plaies,
Il est sain que tu les aies.

Face aux terribles courroux,
Bénis et tombe à genoux.

Fer qui coupe et voix qui tance,
C’est la bonne Pénitence.

Sous la glace et dans le feu
Tu retrouveras ton Dieu.

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Par Paul Verlaine

Paul Verlaine est un écrivain et poète français du XIXᵉ siècle, né à Metz le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896. Il s’essaie à la poésie et publie son premier recueil, Poèmes saturniens en 1866, à 22 ans.

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