Bouche

Imaginer un désert rond sans vent ni ciel ni horizon

Un gris sans fin pareil au gris non-lieu n’ayant nulle substance

Ubiquité inétendue où le regard aurait fondu

Dont tous les points seraient des trous micropores d’un même abîme

Et que partout sourdant de rien soudain le pourpre l’envahît

Que bourgeonnât ce néant gris de fleurs charnues mimant des lèvres

Qu’ainsi la vide éternité crépusculaire suspendît

Sa propre attente dont l’objet fût l’intense incarnat du rouge

De cette attente sans durée le point du jour va-t-il percer Où gris et rouge ne soient qu’un qui s’y décante s’y distingue De l’une à l’autre commissure entre eux il filtre un horizon La bouche semble l’entrouvrir pour qu’y luise une perle au fond

Elle est si belle féminine et Quelqu’un de très loin devine Bien que n’existe rien encore quelle face elle animerait Qui s’ébauche rosant le gris dans le rêve où il se voit naître Du rêve même qu’il fait naître dans ces yeux en miroir des siens

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