Au positif

Tout est beau, s’il le veut.
Cette barque enchantée
Caresse le village.
Un fleuve ralentit
Pour lui dire : «
Je t’aime. »
Une antilope athée
Se signe dans son ombre.
Aussitôt pressenti,

Le mois d’avril s’apprête à régner tout l’automne.
L’ortie devient la giroflée.
Le cormoran
Dépose le tropique entre ses doigts.
L’on sonne :
Soleil pour le dessert !
Il se porte garant

D’un royaume sonore aux dix mille plumages
Où les arbres taillés recomposent en fruits
Les vers qu’on leur récite.
Un étang déménage,
Abandonnant sa place au temple qu’il construit

Pour sa légende couronnée.
Cet aigle rôde,
Une comète au bec : il devrait l’accepter.
Le crépuscule a revêtu des lèvres chaudes :
Il les écarte avec pudeur.
Une cité

Attend de lui son nouveau nom.
Le pur hommage :
Celui de la rosée.
Bijoux dans chaque pain…
La cathédrale sous-marine est en voyage.
Il récompensera les enfants qui ont peint

Leur mère en lune folle : une année de vacances

Parmi les toboggans.
Le soir, il répartit

Une étoile pubère.
Et la banquise danse

Au carrefour comme un ourson.
Les apprentis

Du vertige ont lâché des pavots sur l’aurore.
Il ouvre un incunable, il respire, il renaît.
Puisqu’un désert l’attend, c’est lui qui le décore
D’un faubourg somnambule où trônent les genêts.

Tout est parfait, tout est loyal, il marche aux cimes
De ses verbes heureux.
Les siècles sont comblés
Par sa chanson de geste : à cette heure il s’estime.
Applaudit l’univers et veut se ressembler.

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