Vigile

Ô les mots qu’on adresse à la femme attirante,
Les mots qu’on veut badins, spirituels, charmeurs ;
Mots voilés et pensifs, échappés ou qu’on tente !
— Prélude où le désir se cache dans les fleurs.

Ô les regards soudainement pleins de lumière,
Où se révèle un cœur ouvert et confiant,
Regards que l’on dirait de limpides prières !
Respectueux regards – manège inconscient.

Ô les saintes pudeurs devant la bien-aimée,
Et, dans les songes fous, promptitude à bannir
Toute image lascive auprès d’elle formée !
— Épargne ingénument faite pour l’avenir.

Visions d’un bonheur imprécis et sans fièvres,
Chaste frémissement quand se joignent les mains
Et que l’on croit baiser une âme sur des lèvres !
— Mirage nécessaire à l’idéal humain.

Les yeux mi-clos, la chair se prépare au festin.

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Alphonse Beauregard Apprenti Poète

Par Alphonse Beauregard

Né à La Patrie (Compton en Québec) le 5 janvier 1881, Alphonse Beauregard doit abandonner ses études à la mort de son père. Il pratique alors divers métiers, tout en publiant des poèmes dès 1906 dans quelques journaux et revues (parfois sous pseudonyme de A. Chasseur). Il prend une part active à la rédaction du Terroir et devient secrétaire de l'école littéraire de Montréal, tout en travaillant comme commis au port de Montréal. À peine élu président de l'école, il meurt asphyxié au gaz le 15 janvier 1924. Son poème « Impuissance » est paradoxalement un des plus puissants de cette époque.

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