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L’enfance n’est sinon qu’une stérile fleur

L’enfance n’est sinon qu’une stérile fleur,
La jeunesse qu’ardeur d’une fumière* vaine,
Virilité qu’ennui, que labeur, et que peine,
Vieillesse que chagrin, repentance, et douleur ;

Nos jeux que déplaisirs, nos bonheurs que malheur,
Nos trésors et nos biens que tourment et que gêne,
Nos libertés que lacs, que prisons, et que chaîne
Notre aise que malaise et notre ris que pleur ;

Passer d’un âge à l’autre est s’en aller au change
D’un bien plus petit mal en un mal plus étrange
Qui nous pousse en un lieu d’où personne ne sort.

Notre vie est semblable à la mer vagabonde
Où le flot suit le flot et l’onde pousse l’onde,
Surgissant à la fin au havre de la mort.

(*) fumée

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