Le Sapin

Il est un arbre fier, droit, austère et robuste,

Que n’aime pas l’oiseau, ni la fleur, ni l’arbuste,

Ni la vigne flexible aux rameaux caressants.

Floréal le dédaigne et brumaire l’oublie ;

Et jamais on ne voit que la tempête plie

Sa tête échevelée ou ses bras menaçants.
Il vit seul au milieu de la forêt immense.

Le froid et la nuit sont où son ombre commence,

Et, dans le sentiment de ce grand abandon,

Il monte hardiment plus haut que tous les chênes,

Jusqu’à ce que, le front chargé de lourdes chaînes,

Il tombe tout entier aux pieds du bûcheron.
— Je sais un cœur aussi qui porte dans la vie

Son deuil, sans que jamais de sa ligne il dévie,

Seul partout et toujours épris de l’idéal.

Mais, ainsi qu’au sapin à la triste verdure,

Que m’importent le vent, la pluie ou la froidure,

Le matin ou le soir, brumaire ou floréal ?…
Mai 18…

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Louisa Siefert Apprenti Poète

Par Louisa Siefert

Louisa Siefert, née à Lyon le 1er avril 1845 et morte à Pau le 21 octobre 1877, est une poétesse française.
Louisa Siefert (1845 - 1877) était une poétesse française qui a laissé une poésie empreinte de douleur mais soutenue d’un vif spiritualisme protestant. Son premier recueil de poèmes, Rayons perdus, paru en 1868, connaît un grand succès. En 1870, Rimbaud s'en procure la quatrième édition et en parle ainsi dans une lettre à Georges Izambard : « J'ai là une pièce très émue et fort belle, Marguerite […]. C'est aussi beau que les plaintes d'Antigone dans Sophocle.»

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