À M. du Maine

(Sur ses œuvres spirituelles.)

1611.

Tu me ravis, Du Maine, il faut que je l’avoue ;
Et tes sacrés discours me charment tellement,
Que le monde aujourd’hui ne m’étant plus que boue,
Je me tiens profané d’en parler seulement.

Je renonce à l’amour, je quitte son empire,
Et ne veux point d’excuse à mon impiété,
Si la beauté des cieux n’est l’unique beauté
Dont on m’orra jamais les merveilles écrire.

Caliste se plaindra de voir si peu durer
La forte passion qui me faisait jurer
Qu’elle aurait en mes vers une gloire éternelle :

Mais si mon jugement n’est point hors de son lieu,
Dois-je estimer l’ennui de me séparer d’elle
Autant que le plaisir de me donner à Dieu ?

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