Je touche de mon pied le bord de l’autre monde

Je touche de mon pied le bord de l’autre monde,
L’âge m’oste le goust, la force et le sommeil ;
Et l’on verra bientost naistre du sein de l’Onde
La premiere clarté de mon dernier Soleil.

Muses, je m’en vay dire au fantosme d’Auguste
Que sa rare bonté n’a plus d’Imitateurs,
Et que l’esprit des Grands fait gloire d’estre injuste
Aux belles passions de vos Adorateurs.

Voulezvous bien traitter ces fameux Solitaires
A qui vos Deïtez découvrent leurs mysteres ?
Ne leur promettez plus des biens ny des emplois.

On met votre science au rang des choses vaines ;
Et ceux qui veulent plaire aux Favoris des Rois,
Arrachent vos Lauriers, et troublent vos Fontaines.

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Par François Maynard

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Ne laisse pas le soin…

Ce n’est pas moy que l’on abuse ainsi