Pierrots, I

C’est, sur un cou qui, raide, émerge
D’une fraise empesée idem,
Une face imberbe au coldcream,
Un air d’hydrocéphale asperge.

Les yeux sont noyés de l’opium
De l’indulgence universelle,
La bouche clownesque ensorcèle
Comme un singulier géranium.

Bouche qui va du trou sans bonde
Glacialement désopilé,
Au transcendental enallé
Du souris vain de la Joconde.

Campant leur cône enfariné
Sur le noir serretête en soie,
Ils font rire leur patte d’oie
Et froncent en trèfle leur nez.

Ils ont comme chaton de bague
Le scarabée égyptien,
À leur boutonnière fait bien
Le pissenlit des terrains vagues.

Ils vont, se sustentant d’azur !
Et parfois aussi de légumes,
De riz plus blanc que leur costume,
De mandarines et d’oeufs durs.

Ils sont de la secte du Blême,
Ils n’ont rien à voir avec Dieu,
Et sifflent : ‘ Tout est pour le mieux,
‘ Dans la meilleur’ des micarême ! ‘

Recueil : L’Imitation de N.D la Lune

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