L’adieu

Adieu pour toujours,
Mes amours ;
Ne pleure pas,
Tes pleurs ont trop d’appas !
Presse encor ma main ;
Mais, demain,
Il aura fui,
Le bonheur d’aujourd’hui.

Quand une fleur
Va perdre sa couleur,
On n’y doit plus
De regrets superflus :
Et le flambeau,
Dont l’éclat fut si beau,
Quand il s’éteint,
Cède au froid qui l’atteint.

Adieu pour toujours,
Mes amours ;
Ne pleure pas,
Tes pleurs ont trop d’appas !
Presse encor ma main ;
Mais, demain,
Il aura fui,
Le bonheur d’aujourd’hui.

Ton doux regard
M’éclaira par hasard ;
Et dans mes yeux
Il répandit les cieux :
Dès ce moment,
Si fatal… si charmant,
Mon cœur perdu
Ne me fut pas rendu !

Adieu pour toujours,
Mes amours ;
Ne pleure pas,
Tes pleurs ont trop d’appas !
Presse encor ma main ;
Mais, demain,
Il aura fui,
Le bonheur d’aujourd’hui.

Voter pour ce poème!

Marceline Desbordes-Valmore Apprenti Poète

Par Marceline Desbordes-Valmore

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) est une poète française reconnue pour la richesse et la variété de son lyrisme romantique. Surnommée « Notre-Dame-des-Pleurs » en raison des drames qui jalonnent sa vie, elle émeut par sa sincérité et son talent naturel. Elle épanche dans sa poésie toutes les peines qu'elle a connues durant sa vie. Ses poèmes traduisent ses cris de passion, ses élans vers l’au-delà, et la nostalgie du pays natal. Son talent poétique se voit reconnu par les symbolistes, notamment Rimbaud et Verlaine, qui applaudissent son absence de rhétorique.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Chaque commentaire est une étoile dans notre ciel poétique. Brillez avec le vôtre, comme Apollinaire dans la nuit.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

La danse de nuit

La fiancée