La romance

Eh! que ne peut l’accent qui s’exhale du cœur!

La romance lui doit sa touchante langueur :

Ce charme embellit tout ; et les îles sauvages.

Et les antres glacés, et les brûlantes plages.

Qu’on cesse de vanter
Hafiz, sa lyre d’or”,

Et d’Alphaizoulis les chants plus doux encor*!

Combien je vous préfère, enfants d’une âme pure,

Simples airs, qu’elle-même a dictés la nature,

Que redit aux vallons le hautbois pastoral.

Que savent moduler les filles de
Fingal ‘

Quand sous leurs doigts légers la harpe obéissante

Confie aux rocs émus sa plainte attendrissante.

Tel le
Scythe, égaré sous un ciel rigoureux,

Soupire éloquemment ses ennuis amoureux ;

Et, si j’en crois
Parny, telle éclate avec grâce

L’énergique candeur des chants du
Madécasse :

Ainsi du gondolier, au sein des flots mouvants,

Le tendre adieu se mêle au murmure des vents.

Ainsi le voyageur sur les monts helvétiques,

Salué par le son des musettes rustiques,

Gagne à pas ralentis l’hospitalier séjour :

Plein d’un charme rêveur, au déclin d’un beau jour,

Il écoute, appuyé sur la roche grisâtre,

Le ranz mélancolique, entonné par le pâtre,

Dont la lente cadence au mugir des troupeaux

Répond, et se prolonge en de lointains échos ;

Le voyageur soupire : «
Exilé par les guerres,

Si, comme moi, ce pâtre aux rives étrangères

Doit gémir, ah ! ce chant aigrira ses douleurs… »

Il dit, et sur lui-même il verse alors des pleurs.

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