La schlague

à la lisière, sur le bord du
Z

là où il y a des canards minces comme des ardoises

là où l’heure ment aux libellules

le remords du crépuscule se vautre dans la boue

un chien, un chien, un chien

à chaque barrière aboie à la vie

crache la colère du jour sur les talons du voleur de feu

mais la schlague à la main, c’est l’espoir odieusement nié !

je veux m’ouvrir les mains nues à ce village

me laisser couler à pic dans le puits

heureux

soulever ce couvercle de zinc éternel

sortir de la souricière française

et foncer, foncer à toute équinoxe

en rase-mottes massacrer la distance et le temps

au-delà de ces barricades d’allumettes

je veux planter la flèche dans la gorge

et passer sans un mot

avec
Armes et
Langage au pays stupéfait de la paresse

au-delà des poèmes sans conclusion je veux explorer le remous

mais la mort dans la fourrure d’un regard — enfoui comme un roseau dans la vase — je mime, stratège, la maligne paix

Voter pour ce poème!

Avatar Apprenti Poète

Par Alain Jouffroy

Alain Jouffroy est un poète, écrivain et critique d'art français né le 11 septembre 1928 à Paris et mort le 20 décembre 2015 dans la même ville.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Dans notre jardin de vers, chaque commentaire est une fleur unique, à la manière de Villon. Plantez la vôtre.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Gueux

L’Ours