Pantogamor, le conquérant du séjour

Hernie locale du cosmos,
L’enfant s’expulse de l’immémorial nid
Et pousse,
Colomb hors de soi, bercé
Par les sources déferlantes du ressac.

Pantogamor, né d’un torrent et d’une boue,

Paraît, égorge ses merles, jeune cannibale gai

Et gambade dans l’euphorie du ciel glauque.

Sa démarche enjambe les déluges.

Favorisé du sacré, sa bouche crée le génie

Et sa main tue ses parasites.

Bûcheron samouraï du dégel

Il taille l’étendard du destin à la poupe.

Ses villages, nuages et limons,

Fertilisent l’horizon de sa ruée.

La vie coince son cerveau dans les sphères,

Scelle l’aube infatuée de son putsch.

Des blocs de barrage cassent sous ses pas,

Se reforment dans son poing,

Défi aux filets de la faillite !

Son colloque avec la terre les apparie.

Sans trembler, les reins concaves,

Il suit le phosphore de son corps,

Passe outre, çà et là, aux supplications, aux râles

Sa tête étonne par l’éveil continu de sa nuque

Dressée, harfang casqué, gong du héros, roc.

Front d’Atlas, main commandante et mate,

Pieds tigrés, cœur zébré, sexe ubique,

Il court sa naissance et la ressuscite.

Son rire étincelle, cristal de porc-épic

Fauteur de fêtes, d’ivres syllogismes,

Émigrante tête de file prélogique,

Biblique catcheur, supplice séducteur insubi,

Il tourne le sens aigri des gestes, transmute

Le fiel dément des cerveaux, trouve

L’huile légère des cœurs, — le ciel du séjour !

Loin d’attaquer le tremplin, la mort,
Ayant rodé son mouvement à styles, sa vie,
Il délaisse la sentinelle idéale du non-sens.
Son regard drosse la moelle des échafaudages !
Souffle de forces, forge efficace.
Son avance, océanique chance,
Nourrit le sol nécessaire au sommeil.

Tendant ses mains radieuses à la lave,
Il tonne et travaille la boue d’une genèse,
Trouve le temps d’assumer la machine
Et d’ouvrir aux intrus l’étreinte du foyer.
Souffle de forces, source de massivité,
L’espace humain risque et prolonge ses ponts,
Surmonte les môles, les phares, les flèches

De sa houle d’arches,

Fonde les fuyantes colonnades des confins

Et chancelle, passerelle en transes, sous des talons.

Éclair du ciel lynx, son œil

Le maintient dans l’arène sans fond.

Jamais, d’un tel bloc de prodiges,

D’un tel souverain ban de passions,

D’un tel quartier voyant de vérité,

Ne se pourra entamer la barbaque, l’os nerf!

Renversée par ses convicts,

Sa mort cède à la masse de son étrave

Et laisse passer (est-ce

L’insolite séduction qui obnubile ?)


Poussée comme un schooner

Au fond du hangar aquatique morose,
Grondante infinité féline —


L’illimitée rotative amphibie

D’un port roulant, toutes barricades dehors, sur le transbord des vagues.

Voter pour ce poème!

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments