Europe

Arbre mutilé, maintenant sois libre !
Ils avaient empoigné tes branches

Pour les cingler et les briser ensemble

Par le calcul et la rigueur de leurs pesées ;
Ils les maintenaient en branle éperdu,

Ils les tourmentaient de durs élans captifs,

Ils se disputaient tes fruits et tes feuilles

Et jusqu’à tes nids !
Ils ont fait de toi pendant vingt saisons

Un arbre d’hiver et de quel hiver!

Le sol est jonché de tes frondaisons.

Ton écorce pend en lanières blêmes

Poisseuses partout de la même sève !
Mais maintenant, veuille revivre et libre !

Mais maintenant oh ! veuille te garder!
Ton faîte est brisé mais le tronc est fort,

Mais l’espoir est fort, mais la terre est riche.

Et vois tes bourreaux : leur oeuvre n’a pu

Que précipiter leur décrépitude !
Arbre écartelé par leurs convoitises.

Tes bras déchirés, tes bras ennemis

Fais-les se nouer, se croiser, s’étreindre,

Se quitter, se tordre et se prendre encore

De telle façon que tu ne sois plus

Un déploiement de forces divergentes.

Mais un seul destin, un amour, un arbre !

Voter pour ce poème!

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Dans quelque ville morte, au bord de l’eau

Perte du chant