Chanson

C’est assez soupirer pour un sujet pipeur
Qui tourne à mon malheur ses amours en coutume,
Pour aimer plus longtemps cette légère humeur
Il me faudrait avoir un courage de plume.

Elle a déjà cent fois mon amour délaissé,
D’un mépris supposé déguisant son courage,
Mais ce folâtre amour que j’eus par le passé
Est maintenant contraint de céder à l’outrage ;

Aussi bien, je le vois, tant d’infidélité
Ne saurait s’accorder avec tant de constance ;
Elle a pour ses désirs trop de légèreté,
Et j’ai pour son humeur trop peu de patience.

Brûlez, brûlez, volage, en l’ardeur de vos feux,
Jusqu’à ce que le temps en cendre les réduise ;
Votre infidélité m’est un malheur heureux,
Car perdant votre amour, je trouve ma franchise.

Adieu baisers communs que j’estimais si doux,
Trompeuses vanités, caresses mensongères ;
Adieu serments faussés, je prends congé de vous,
Vous avez tous pour moi des ailes trop légères.

Mon amour par le temps est si fort affaibli
Qu’il ne reconnaît plus sa flamme accoutumée ;
Allez, je vous immole au fleuve de l’oubli,
Éteignezy vos feux, j’en fuirai la fumée.

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Par Etienne Durand

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