Dans la pâleur embaumée de ce soleil fou…

Dans la pâleur embaumée de ce soleil fou,

la chapelle des champs, vêtue d’un petit bois,

enferme le mystère de clarté et de joie.

Son clocher, comme un épi blanc mûr en Août,

tout poudroyant de la farine eucharistique,

domine les vallons bleus comme des cantiques.

Comme une flèche encor, dans le cœur de l’Eté,

par l’arc de l’horizon ce clocher est planté.

Ce sont quatre tableaux exacts et monotones

qui l’entourent et qui reviennent chaque année :
C’est le verdissement des buissons et des prés.

C’est le roussissement des vaches et des blés.

C’est le bleuissement des vignes où il tonne.

C’est le noircissement des jours diminués

par l’espèce de suie qui tombe des nuées.

Et la chapelle a un chapeau de roses jaunes.
On peut la voir encor, comme un bateau de pêche,

navigant sur les flots luisants du labourage

où, parfois, on voit luire l’aile qui se dépêche

d’une charrue comme une mouette dans l’orage.
Au milieu des champs, dis-je, l’église s’élève.

C’est là, entre ces murs pâles comme des grèves,

c’est là qu’est le refuge et c’est là qu’est le rêve.
Par cette grande paix que l’homme cherche en soi ;

par les jours finissants aux vieux balcons de bois

où le cœur blanc des géraniums noirs s’attriste ;

par l’obscure douceur des choses villageoise ;

par les pigeons couleur d’arc-en-ciel et d’ardoise ;

par le chien dont la tête humble nous invite

à lui passer la main dessus ; par tout cela :

Chapelle, sois bénie à l’ombre de ton bois !

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