Michel simon

Aujourd’hui, de plus en plus, il y a de plus grands acteurs, de plus grands peintres et sculpteurs, de plus grands princes des poètes et des littérateurs, de plus grands libérateurs, de plus grands grands officiers de la légion d’honneur.

Et ils se nomment Nobel de Stockholm ou se surnomment Oscar de Venise ou Oscar de Cannes.

Michel Simon n’a pas de label, il n’appartient pas à l’étiquette, à l’admiration contrôlée.

C’est un seigneur d’ailleurs, un clochard étoile, un impeccable lord de la rue des Anglais, un génial idiot de vaudeville, un terrible assassin de Thomas de Quin-cey.

C’est le roi Lear perdu dans une forêt de pellicule oscarifiée et festivalisée et c’est la Bête de la Belle, mais aussi son prince secret.

Quand il apparaît sur l’écran, tenant son rôle dans ses bras, comme un singe ou un enfant, les spectateurs ça les fait rire mais ça leur fait aussi un peu peur en même temps.

Michel Simon, c’est Michel Simon, un point c’est tout et c’est aussi un grand nombre d’êtres qu’il a « créés », et qui continuent à tourner ou qui dorment, enfermés dans leurs boîtes, ailleurs, hors de lui et du temps.

Mais, quand le nombre dort les chiffres dansent; c’est ce que fait Michel Simon.

Par exemple, quand il exécute, à lui tout seul, un merveilleux pas de deux : l’humour et la détresse, dans le plus beau ballet du pauvre monde, à bord de l’Ata-lante, dirigée par Jean Vigo, comme le Nautilus par le capitaine Nemo.

Paris, mai 1963.

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