Poème saturnien

Ce fut bizarre et Satan dut rire.
Ce jour d’été m’avait tout soûlé.
Quelle chanteuse impossible à dire
Et tout ce qu’elle a débagoulé !

Ce piano dans trop de fumée
Sous des suspensions à pétroles !
Je crois, j’avais la bile enflammée,
J’entendais de travers mes paroles.

Je crois, mes sens étaient à l’envers,
Ma bile avait des bouillons fantasques.
Ô les refrains de cafés-concerts,
Faussés par le plus plâtré des masques !

Dans des troquets comme en ces bourgades,
J’avais rôdé, suçant peu de glace.
Trois galopins aux yeux de tribades
Dévisageaient sans fin ma grimace.

Je fus hué manifestement
Par ces voyous, non loin de la gare,
Et les engueulai si goulûment
Que j’en faillis gober mon cigare.

Je rentre : une voix à mon oreille,
Un pas fantôme. Aucun ou personne ?
On m’a frôlé. — La nuit sans pareille !
Ah ! l’heure d’un réveil drôle sonne.

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