Vague et noyée …

Vague et noyée au fond du brouillard hiémal,
Mon âme est un manoir dont les vitres sont closes,
Ce soir, l’ennui visqueux suinte au long des choses,
Et je titube au mur obscur de l’animal.

Ma pensée ivre, avec ses retours obsédants
S’affole et tombe ainsi qu’une danseuse soûle ;
Et je sens plus amer, à regarder la foule,
Le dégoût d’exister qui me remonte aux dents.

Un lugubre hibou tournoie en mon front vide ;
Mon coeur sous les rameaux d’un silence torpide
S’endort comme un marais violâtre et fiévreux.

Et toujours, à travers mes yeux, vitres bizarres,
Je vois vers l’Orient étouffant et cuivreux
Des cités d’or nager dans des couchants barbares.

Au jardin de l’infante

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