Sonnet impressionniste (4)

Les haches sonnent dur, le sol est presque nu,
A la terre, les gels d’automne se font rudes.
— Amante qui chassa l’amant par lassitude,
Et souffre, tant qu’un autre amour n’est pas venu.

Douleur inhérente aux changements d’habitude !
Plein de souches et maigre auprès du mont charnu,
Un coteau que la faim de l’homme a reconnu
Montre des crocs géants aux riches altitudes.

Doute cuisant. Un tel chaos de bois brûlé,
Ces ronces et, plus loin, la baissière glaçante
Seront-ils un berceau propice au tendre blé ?

Et sur la forêt haute, auguste et menacante,
Une telle beauté tombe du ciel en feu :
Que le blé me parait en échange bien peu.

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Alphonse Beauregard Apprenti Poète

Par Alphonse Beauregard

Né à La Patrie (Compton en Québec) le 5 janvier 1881, Alphonse Beauregard doit abandonner ses études à la mort de son père. Il pratique alors divers métiers, tout en publiant des poèmes dès 1906 dans quelques journaux et revues (parfois sous pseudonyme de A. Chasseur). Il prend une part active à la rédaction du Terroir et devient secrétaire de l'école littéraire de Montréal, tout en travaillant comme commis au port de Montréal. À peine élu président de l'école, il meurt asphyxié au gaz le 15 janvier 1924. Son poème « Impuissance » est paradoxalement un des plus puissants de cette époque.

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