Le dieu des arts, le dieu des vers

À l’ami que je ne connais pas.

Le dieu des arts, le dieu des vers
A souvent consolé ma peine ;
Entre Voltaire et La Fontaine,
Oui, j’oubliai plus d’un revers.

Oui, grâce aux fruits de ma retraite,
Mon nom est encor répété
Au doux pays que je regrette,
Et dont je me sais regretté.

Charmez ainsi votre souffrance,
Compagnon d’exil et d’honneur,
Noble ami qu’un heureux malheur
M’a fait trouver loin de la France.

Ne soyez dans l’adversité
Ni fier, ni faible, ni frivole ;
Et que l’étude vous console
D’un supplice non mérité.

Puis disons, en pesant nos chaînes :
Dieu nous éprouve ; ainsi soit-il.
Celui qui tonne sur les chênes
Peut bien grêler sur le persil.

Ainsi font les rois de la terre,
Et tout va bien. Bon roi des cieux !
Tout n’irait-il pas encor mieux
S’ils avaient fait tout le contraire ?

Écrit à La Haye, en 1818.

Voter pour ce poème!

Antoine-Vincent Arnault Apprenti Poète

Par Antoine-Vincent Arnault

Antoine Vincent Arnault, né le 1ᵉʳ janvier 1766 à Paris et mort le 16 septembre 1834 à Goderville est un homme politique, poète et auteur dramatique français, deux fois élu à l'Académie française.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Partagez vos rêves et vos vers comme Rimbaud, et transformez notre forum en une éternelle saison des poètes.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

L’écureuil qui tourne dans sa cage

Le fer et l’aimant