De fureur, de souci, mon âme tourmentée

De fureur, de souci, mon âme tourmentée
Sous votre cruauté, désire contre un fer,
Caché dedans mon coeur, trébucher en l’enfer,
Pour s’aller rafraîchir en l’onde Achérontée :

Mais lors que de tel soin je la sens agitée,
Voulant dedans mon sang teindre un mortel acier,
Vos yeux tiennent ma main, et me font désirer
La vie que j’en ai heureusement sucée.

Et vous qui connaissez qu’avec toute puissance
Vous maîtrisez mon coeur, et cette belle essence,
Dont l’heureuse chaleur me fait vivre icibas,

Vous vous jouez de moi et d’une bonne grâce,
Cruelle, vous voulez ores que je trépasse,
Et puis changeant de front vous ne le voulez pas.

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