Aux innocents les mains pleines

Il ne vous faut qu’un peu de nuit

pour entendre fleurir le sang

un grand feu profond comme un puits

plein de vifs éclairs trébuchants

il ne vous faut qu’un peu de soin

un bel été de feu et d’or

qui danse et saute aux quatre coins

qui brille et craque et chauffe fort

un grand feu d’hiver et de neige

le vent à décorner les bœufs

un vent de traques et de pièges

et de nuages au galop.

Les rivières sous la terre coulent sans clarté sans saisons ce sont les veines les artères cherchant un cœur et sa prison ce sont les veines de la terre ce sont les lignes de ses mains dans les longs couloirs solitaires qui vont d’aujourd’hui à demain

cherchant la chanson de leurs eaux qui s’est perdue un beau matin dans un détour du long réseau dans une courbe du chemin.

Approchez vos mains de la flamme jusqu’à voir le feu au travers avec ses courants et ses lames et ses sirènes aux yeux verts jusqu’à voir les grands fonds du feu avec leurs poissons de sommeil et les longs navires sans yeux leurs équipages de soleil et leur forêt d’algues de paille qui flambe et brille au fond du feu prisonniers des mains et des mailles qui font et défont les filets du feu.

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