Belle leçon aux enfants perdus

‘ Beaux enfants, vous perdrez la plus
Belle rose de vo chapeau ;
Mes clercs près prenant comme glus,
Se vous allez à Montpipeau
Ou à Ruel, gardez la peau :
Car, pour s’ébattre en ces deux lieux,
Cuidant que vausît le rappeau,
Le perdit Colin de Cayeux.

‘ Ce n’est pas un jeu de trois mailles,
Où va corps, et peutêtre l’âme.
Qui perd, rien n’y sont repentailles
Qu’on n’en meure à honte et diffame ;
Et qui gagne n’a pas à femme
Dido, la reine de Carthage.
L’homme est donc bien fol et infâme
Qui, pour si peu, couche tel gage.

‘ Qu’un chacun encore m’écoute !
On dit, et il est vérité,
Que charterie se boit toute,
Au feu l’hiver, au bois l’été.
S’argent avez, il n’est enté,
Mais le dépendez tôt et vite.
Qui en voyezvous hérité ?
Jamais mal acquît ne profite.

Le testament

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François Villon Apprenti Poète

Par François Villon

François de Montcorbier dit Villon, né en 1431 et mort après 1463, est un poète français de la fin du Moyen Âge. Écolier de l’Université, maître de la faculté des Arts dès 21 ans, il mène tout d'abord la vie joyeuse d’un étudiant indiscipliné du Quartier latin. À 24 ans, il tue un prêtre dans une rixe et fuit Paris.

Soyez l'inspiration comme Rimbaud, la passion comme Sartre, et commentez avec l'âme d'un poète.

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