Cette source de mort, cette homicide peste

Cette source de mort, cette homicide peste,
Ce péché, dont l’enfer a le monde infecté,
M’a laissé, pour tout être, un bruit d’avoir été,
Et je suis de moimême une image funeste.

L’auteur de l’univers, le monarque céleste,
S’était rendu visible en ma seule beauté
Ce vieux titre d’honneur qu’autrefois j’ai porté,
Et que je porte encore, est tout ce qui me reste.

Mais c’est fait de ma gloire, et je ne suis plus rien,
Qu’un fantôme qui court après l’ombre d’un bien,
Ou qu’un corps animé du seul ver qui le ronge.

Non, je ne suis plus rien, quand je veux m’éprouver,
Qu’un esprit ténébreux, qui voit tout comme en songe
Et cherche incessamment ce qu’il ne peut trouver.

Sonnets chrétiens

Voter pour ce poème!

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments