Ne lira-t-on jamais que ce dieu rigoureux

Sonnet XXIII.

Ne lira-t-on jamais que ce dieu rigoureux ?
Jamais ne lira-t-on que cette Idalienne ?
Ne verra-t-on jamais Mars sans la Cyprienne ?
Jamais ne verra-t-on que Ronsard amoureux ?

Retistra-t-on toujours, d’un tour laborieux,
Cette toile, argument d’une si longue peine ?
Reverra-t-on toujours Oreste sur la scène ?
Sera toujours Roland par amour furieux ?

Ton Francus, cependant, a beau hausser les voiles,
Dresser le gouvernail, épier les étoiles,
Pour aller où il dût être ancré désormais :

Il a le vent à gré, il est en équipage,
Il est encor pourtant sur le troyen rivage,
Aussi crois-je, Ronsard, qu’il n’en partit jamais.

Voter pour ce poème!

Joachim du Bellay Apprenti Poète

Par Joachim du Bellay

Joachim du Bellay ou Joachim Du Bellay est un poète français né vers 1522 à Liré en Anjou et mort le 1ᵉʳ janvier 1560 à Paris.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Les poèmes sont des voyages. Embarquez avec nous, comme Jules Verne, et écrivez votre aventure.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Nature est aux bâtards volontiers favorable

Ne pense pas, Bouju, que les nymphes latines