Le garçon de Liège

Un garçon de conte de fée

M’a fait un grand salut bourgeois

En plein vent, au bord d’une allée,

Debout sous l’arbre de la Loi.
Les oiseaux d’arrière-saison

Faisaient des leurs malgré la pluie

Et prise par ma déraison

J’osai lui crier : « Je m’ennuie. »
Sans dire un doux mot de menteur

Le soir dans ma chambre à tristesse

Il vint consoler ma pâleur.

Son ombre me fit des promesses.
Mais c’était un garçon de Liège,

Léger, léger comme le vent

Qui ne se prend à aucun piège

Et court les plaines de beau temps.
Et dans ma chemise de nuit,

Depuis lors quand je voudrais rire

Ah ! beau jeune homme je m’ennuie,

Ah ! dans ma chemise à mourir.
1939

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