Tout ou Rien

Sonnet.

J’ai deux tentations, fortes également,
Le duvet de la rose et le crin du cilice :
Une rose du moins qui jamais ne se plisse,
Un cilice qui morde opiniâtrement ;

Car les répits ne font qu’attiser le tourment,
Et le plus léger trouble est le pire supplice,
S’il traverse la vie aux heures de délice :
Plutôt le franc malheur que le bonheur qui ment !

Un jeûne incorruptible ou bien l’ivresse entière !
Maintenir vierge en soi l’horreur de la matière,
Ou, moins beau, sans remords en épuiser l’amour !

Mais, pur et vil, je sens le charbon d’Isaïe
Et le trop cher baiser de la femme ennemie
Châtier ou flatter mes lèvres tour à tour.

Voter pour ce poème!

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments