dans , , , , , , , ,

Au serpent

Il m’est arrivé dans l’effarement des villes de chercher quel animal adorer.
Alors je remontais aux temps premiers.
En défaisant les cycles en délaçant les nœuds en brisant les intrigues en enlevant les couvertures en tuant mes otages je cherchais.
Fouineur.
Tapir.
Déracineur.
Où où où l’animal qui m’avertissait des crues
Où où où l’oiseau qui me guidait au miel
Où où où l’oiseau qui me divulguait les sources le souvenir de grandes alliances trahies de grandes amitiés perdues par notre faute m’exaltait
Où où où
Où où où

La parole me fut vulgaire

O serpent dos somptueux enfermes-tu dans ton ondu-leuse lanière l’âme puissante de mon grand-père ?
Salut à toi serpent par qui le matin agite la belle chevelure mauve des manguiers de décembre et pour qui la nuit invention du lait dégringole de son mur ses souris lumineuses

Salut à toi serpent cannelé comme le fond de la mer et que mon cœur nous détache de vrai comme prémisse du déluge
Salut à toi serpent ta reptation est plus majestueuse que leur démarche et la paix que leur dieu ne donne pas tu la détiens souverainement.

Serpent délire et paix

la campagne me démembre sur les claies d’un vent d’outrage les secrets qui firent retentir leurs pas au débouché de la trappe millénaire des gorges qu’ils serraient à étrangler.

à la poubelle ! que tous croupissent à composer la banderole d’un corbeau noir s’affaiblissant en un battement d’ailes blanches.
Serpent

dégoût large et royal accablant le retour dans les sables de l’imposture

embrun qui nourrit le ras vain de la mouette à la tempête pâle des silences rassurants tu te chauffes le moins frêle.

Tu te baignes en deçà des cris les plus discords sur les écumes songeuses de l’herbe

quand le feu s’exhale de la barque veuve qui consume le cap de l’éclat de l’écho

mais pour mieux faire frissonner de tes morts successives – fréquentation verte des éléments – ta menace.

Ta menace oui ta menace corps issant des brumes rauques de l’amertume où il a corrompu le soucieux gardien de phare et qui siffle et prend son petit temps de galop vers les rayons assassins de la découverte.

Serpent

charmant piqueur du sein des femmes et par qui la mort s’insinue maturité au fond d’un fruit seul seigneur seigneur seul dont la multiple image fait sur l’autel du figuier maudit une offrande de chevelure qui est une menace de poulpe qui est un main sagace qui ne pardonne pas aux lâches

Voter pour ce poème!

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments