Sauf l’être humain

Changer de forme et de nature. Être n’importe quoi, sauf l’être humain :

la boue, la nèfle qui suppure, la comète écrasée sur le chemin,

le torchon, le marteau, la herse, les outils de la peur.
Se dénigrer

comme une foule se disperse après l’émeute.
Indifférent, paré

contre l’assaut de la logique, se faire marbre ou porcelaine ou plomb

puis, amoureux de la musique, s’y dissoudre.
Voler comme un ballon

sans âme et sans mémoire.
Devenir tarentule ou vieux pinceau,

pour rien, pour le manque de gloire qu’on trouve chaque jour dans le ruisseau.

Se savoir nul et anonyme comme le baobab ou l’horizon.

Sans la pensée, l’azur s’anime, immortelle raison de l’irraison.

S’accepter simple clou, assiette ronde, pierre endormie sur l’herbe ou bol de riz;

ne faire aucun mal à ce monde ni à ce temps, libéré de l’esprit.

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