Chant de la Source

Les autres sont des gens.

Les autres sont des femmes,

Les mains pleines d’argent,

Pleine de bonheur, l’âme.
Moi, je suis dans le bois

Qui ne sait, une Source.

Je suis l’Eau qui ne boit

Personne dans sa course.
Je suis l’Eau qui jaillit

De l’ombre. La tendresse

Qu’au secret des taillis

Emporte sa détresse.
L’Eau née avant le jour

Pour qu’au sec de la terre

A son limpide amour

Un cœur se désaltère.
L’Eau pâle qui plus tard

Que le soir coule encore.

L’Eau de pauvre regard

Dont chaque larme implore.
Je suis l’Eau d’aujourd’hui

Et demain qui ruisselle

Pour rejoindre celui

Qui n’a pas besoin d’elle.
Je suis l’Eau qui se perd

En vain vive, en vain pure,

En vain bonne à travers

De trop seules verdures.
Je suis celle qui court

Pour qu’enfin son Eau meure

La Source qui toujours

Aura soif et qui pleure.

Voter pour ce poème!

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments