Le sommeil léger

Le dormeur soucieux dort sur ses deux oreilles Il dort à poings fermés il dort à pierre fendre Il a peur de rentrer du côté que surveillent le tourment d’être là et de toujours attendre

Moi je n’ai pas besoin de m’en aller au large ni de m’absenter loin ni de fermer ma porte Je ne suis à l’étroit du temps ni de mon âge ni de la mélusive qui me presse et m’emporte

J’ai le sommeil léger mais le cœur d’autre sorte Je ne dors que d’un œil Si je dors traversé c’est toujours de toi seule et qui seule m’importes passante ma pensée aux pas lents ou pressés

Je t’ai donné les clefs de mes deux paysages le passé le présent le noir l’ensoleillé Tu fais comme chez toi dans le remue-ménage de mon chez moi secret sourdement embrouillé

Tu rentres et tu sors tu rêves et tu marches dans mon rêve de toi où tu rêves de moi

Mais le jour revenu plein de tours et démarches fait du songe une vraie maison avec son toit

Je n’invente jamais rien d’autre quand je plonge que le monde réel et les façons du jour Les dormeurs n’ont besoin du sel fin des mensonges qu’à défaut du sommeil vivace de l’amour

Les dormeurs n’ont besoin d’un monde différent que s’ils ne savent pas le secret d’endormir tout clair et très précis ce monde à chaque instant que je mets en question pour ne pas en mourir.

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Moïse

À une Muse folle