Quand je te dis adieu, pour m’en venir ici

Sonnet XXVIII.

Quand je te dis adieu, pour m’en venir ici,
Tu me dis, mon La Haye, il m’en souvient encore :
Souvienne-toi, Bellay, de ce que tu es ore,
Et comme tu t’en vas, retourne-t’en ainsi.

Et tel comme je vins, je m’en retourne aussi :
Hormis un repentir qui le coeur me dévore,
Qui me ride le front, qui mon chef décolore,
Et qui me fait plus bas enfoncer le sourcil.

Ce triste repentir, qui me ronge et me lime,
Ne vient (car j’en suis net) pour sentir quelque crime,
Mais pour m’être trois ans à ce bord arrêté :

Et pour m’être abusé d’une ingrate espérance,
Qui pour venir ici trouver la pauvreté,
M’a fait (sot que je suis) abandonner la France.

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Joachim du Bellay Apprenti Poète

Par Joachim du Bellay

Joachim du Bellay ou Joachim Du Bellay est un poète français né vers 1522 à Liré en Anjou et mort le 1ᵉʳ janvier 1560 à Paris.

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