Soir d’hiver

L’étoile a des frissons dans la sphère divine.

HENRY MURGER

L’eau pleure au clair bassin des larmes de cristal,

Le pré s’est revêtu d’une robe argentée,

Des lueurs ont blanchi le ciel oriental

Et la lune apparaît dédaigneuse et lactée.
Le vent souffle du nord et le froid est fatal.

Malheur à qui n’a pas de demeure abritée,

Où la bouilloire au feu dit son chant de métal !

Malheur à qui suit seul la route désertée !
La terre est dure à l’homme et la mort est dans l’air.

Et tandis que par l’astre atteint d’un blanc éclair

Tout mur se dresse ainsi qu’un monument de marbre,

Telle qu’une âme prête à s’en aller d’ici,

Sur le bois noir, au bord de l’horizon, voici

Vénus comme une flamme entre les branches d’arbre.

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Louisa Siefert Apprenti Poète

Par Louisa Siefert

Louisa Siefert, née à Lyon le 1er avril 1845 et morte à Pau le 21 octobre 1877, est une poétesse française.
Louisa Siefert (1845 - 1877) était une poétesse française qui a laissé une poésie empreinte de douleur mais soutenue d’un vif spiritualisme protestant. Son premier recueil de poèmes, Rayons perdus, paru en 1868, connaît un grand succès. En 1870, Rimbaud s'en procure la quatrième édition et en parle ainsi dans une lettre à Georges Izambard : « J'ai là une pièce très émue et fort belle, Marguerite […]. C'est aussi beau que les plaintes d'Antigone dans Sophocle.»

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