Les Vaines Danseuses

Celles qui sont des fleurs légères sont venues,

Figurines d’or et beautés toutes menues

Où s’irise une faible lune… Les voici

Mélodieuses fuir dans le bois éclairci.

De mauves et d’iris et de nocturnes roses

Sont les grâces de nuit sous leurs danses écloses.

Que de parfums voilés dispensent leurs doigts d’or!

Mais l’azur doux s’effeuille en ce bocage mort

Et de l’eau mince luit à peine, reposée

Comme un pâle trésor d’une antique rosée

D’où le silence en fleur monte… Encor les voici

Mélodieuses fuir dans le bois éclairci.

Aux calices aimés leurs mains sont gracieuses;

Un peu de lune dort sur leurs lèvres pieuses

Et leurs bras merveilleux aux gestes endormis

Aiment à dénouer sous les myrtes amis

Leurs liens fauves et leurs caresses… Mais certaines,

Moins captives du rythme et des harpes lointaines,

S’en vont d’un pas subtil au lac enseveli

Boire des lys l’eau frêle où dort le pur oubli.

Voter pour ce poème!

Paul Valéry Apprenti Poète

Par Paul Valéry

Paul Valéry est un écrivain, poète et philosophe français, né le 30 octobre 1871 à Sète et mort le 20 juillet 1945 à Paris.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Votre commentaire est une perle dans notre océan de vers. Plongez avec élégance.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Pourquoi triste, ô mon âme

Parole – soleil