La brigade internationale

à
Jean
Bastien

Mon cœur

veine ou déveine

aura des ailes

dans les montagnes et dans la plaine

des hommes meurent pour la liberté

L’oiseau parle une langue inconnue

il n’a jamais pensé à la chance

mais la chance est pour lui

dans les chansons mêmes de la peur

la vie n’est qu’un signe

pour ceux qui meurent dans la nuit

trahis par la clarté lunaire

par les regards obstinés du soleil

Il y a parfois un homme qui vient d’Albanie

il parle de la liberté comme d’un sein de marbre

il y a des hommes qui viennent des villages perdus

ils parlent de la liberté comme d’une source pure

il y a d’autres hommes qui viennent des montagnes

ils en parlent par signes et par silences durs

il y a les hommes aussi qui viennent

de n’importe où aux comparaisons obscures et justes

il y a des hommes simples les hommes qui boivent

et les hommes qui ne boivent jamais qui

confondent la liberté la mort l’amour le souvenir de

[leur maman l’histoire de leur vie de leur

patrie de leurs amours en mots

très simples et en gestes de neige.

7 mars 1937

Voter pour ce poème!

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments