Aubade de May

Mere d’Amour, Venus la belle,
Que n’as tu mis en ta tutelle
Du beau may le mois vigoureux ?
Si l’avril a pris ton coeur tendre,
Au moins ton fils Amour dust prendre
Du doux May le temps amoureux.

May, qui non seulement devance,
Avril en douceur et plaisance,
Mais qui seul encore vaut mieux
Que tout le reste que l’an dure,
Gâté de chaud ou de froidure,
Tant tu es doux et gracieux ;

May, le plus beau moys de l’année,
Montre la teste couronnée
D’un printemps dodorantes fleurs,
Mene ta bande d’alegresse,
Le Ris, le Jeu et la Jeunesse :
Chasse le soin et les douleurs.

Bien qu’Avril de Venus se loue,
Qui le celebre et qui l’avoue,
Si le surpasses tu d’autant
Que le bouton clos de la rose
Est moindre que la rose éclose
Qui sa fleur au soleil étand ;

D’autant que la frelle esperance
Est moindre que la jouissance,
Entre deux amans bien apris ;
D’autant que ma dame surpasse
Parfète en toute bonne grace,
Les beautés de plus rare prix.

Les Passe-temps

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Jean-Antoine De Baïf Apprenti Poète

Par Jean-Antoine De Baïf

Jean-Antoine de Baïf, né à Venise le 19 février 1532, et mort à Paris le 19 septembre 1589, est un poète français.

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Insondable, immuable, éternel, absolu

Qu’il vient doucement sur la terre