Deux vers d’Alcée

Quel était ton désir et ta crainte secrète ?
Quoi ! le vœu de ton cœur, ta Muse trop discrète
Rougit-elle de l’exprimer ?
Alcée, on reconnaît l’amour à ce langage.
Sapho feint vainement que ton discours l’outrage,
Sapho sait que tu vas l’aimer.

Tu l’entendais chanter, tu la voyais sourire,
La fille de Lesbos, Sapho qui sur sa lyre
Répandit sa grâce et ses feux.
Sa voix te trouble, Alcée, et son regard t’enflamme
Tandis que ses accents pénétraient dans ton âme,
Sa beauté ravissait tes yeux.

Que devint ton amour ? L’heure qui le vit naître
L’a-t-elle vu mourir ? Vénus ailleurs peut-être
Emporta tes vœux fugitifs.
Mais le parfum du cœur jamais ne s’évapore ;
Même après deux mille ans je le respire encore
Dans deux vers émus et craintifs.

Voter pour ce poème!

Louise Ackermann Apprenti Poète

Par Louise Ackermann

Louise-Victorine Ackermann, née Louise-Victorine Choquet à Paris le 30 novembre 1813 et morte le 2 août 1890 à Nice, est une poétesse française.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Vos mots sont la mélodie de notre poésie. Faites résonner votre voix.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

04 – C’est le matin plein de tempête…

Élan mystique