Si mes vers innocents ont fait à leur déçu

Sonnet XCII.

Si mes vers innocents ont fait à leur déçu,
Courroucer votre front d’une faute imprudente,
C’est l’amour qui par eux votre louange chante :
Amour a fait du mal, si du mal y a eu.

Lichas l’infortuné porta ainsi déçu,
Au fils d’Amphitryon la chemise sanglante,
Telle fut la prière, et folle et ignorante,
De la mère de Dieu par la foudre conçue.

Vous avez à l’amour bandé l’âme et la vue,
L’amour a de raison la mienne dépourvue :
Si nous avons failli, d’où viendra le défaut ?

Excusez les effets de l’amour aveuglé,
Excusez la fureur ardente et déréglée,
Puisque ce n’est pas crime où l’innocence faut.

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